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Allocution à Bevaix, le 26 mai 2015

Bonsoir à tous, chers invités, (permettez-moi de renoncer aux salutations selon le protocole, vous le connaissez maintenant !)

Ma présence, ici à la tribune, n’est qu’une suite d’imprévus et de surprises : tout a commencé un soir de janvier 2005 lorsqu’un député Vert (il est parmi nous et saura se reconnaître…) m’a proposé de me mettre en liste pour les élections cantonales. Soulignons qu’à ce moment-là je n’étais membre d’aucun parti et ne faisais pas de politique du tout.

Après une première montée d’adrénaline et une semaine d’intense réflexion, j’ai accepté, ayant été assurée que mes chances de succès étaient proches de zéro.

La deuxième montée d’adrénaline se produisit trois mois plus tard, lorsque j’ai réalisé que j’étais élue !

Pour moi le choix du parti des verts était une évidence. A mes yeux, il est primordial de préserver notre lieu de vie. La Terre n’a pas besoin de nous, mais nous avons besoin d’elle. Nous avons besoin d’air pur pour respirer, de sols non contaminés pour faire pousser notre nourriture et d’une eau potable de qualité. J’aime beaucoup la légende amérindienne du Colibri qui illustre bien cet engagement, la voici : « Un jour il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation qu’il jugeait dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! » Et le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part. »

Depuis 10 ans, la politique remplit une grande partie de ma vie : députée au Grand Conseil, membre de la Commission législative depuis 10 ans, membre de la Commission judiciaire depuis 2009. J’ai, de plus, eu la chance de présider la Commission d’enquête parlementaire. Ce fut une expérience particulièrement enrichissante. En 2008, un groupe de Verts est né à Bevaix avec 3 sièges à la clé au Conseil général dont un que j’occupe.

Le président de groupe PopVertSol l’a déjà dit : je ne suis pas une neuchâteloise pure souche, bien au contraire. J’ai grandi dans mon canton d’origine dans une région rurale plus précisément à Mosnang/St Gall où l’on pratique le Radball (football à vélo, si, si ça existe !) et le tir à la corde. Il n’y a pas d’étrangers, pas de chômage et la taille de la famille moyenne est de 4 enfants) Lors de ma jeunesse, le seul parti présent dans le village était le PDC (depuis, j’ai entendu dire qu’il y a eu une évolution…). Il y a 31 ans, je suis venue à Neuchâtel à l’Ecole supérieure de commerce pour y faire la maturité bilingue. Et je ne suis jamais repartie … J’ai d’abord adopté la ville de Neuchâtel, ensuite le canton et ne le quitterais pour rien au monde. J’ai apprécié – et apprécie toujours – son côté progressiste, son ouverture sur le monde, l’accueil des étrangers, la place accordée aux femmes etc. Bevaix est devenu mon village de cœur. Dans notre chambre d’hôte nous avons eu l’occasion de faire découvrir notre magnifique région à de nombreux touristes, ce qui nous a fait prendre encore davantage conscience du cadre privilégié dans lequel nous vivons, entre lac et montagnes, à deux pas de la ville.

Bevaix est en plus un excellent terreau pour la politique : un président du Grand Conseil il y a 4 ans (Adrien Laurent) un autre en 1992 (Maurice Jacot) qui est aussi par la suite devenu Conseiller d’Etat, un autre Conseiller d’Etat il y a 5 ans (Claude Nicati) ainsi que l’actuelle chancelière (Séverine Despland) viennent d’ici.

Au sein de mon groupe, le groupe PopVertSol, les femmes ont une grande chance, celle d’être toujours encouragées. Ainsi, il y a deux ans, quand il a fallu choisir une personne pour le bureau du Grand Conseil, la place était réservée pour une femme. Et c’est ainsi qu’elle m’est revenue. A propos de femmes : Quelle est leur histoire au sein du Grand Conseil ? Eh bien, j’ai l’honneur d’être la 8e femme à accéder à la présidence du Grand Conseil depuis 1848. Lors de mes recherches, j’ai constaté que les 6e et 7e (j’ai nommé : Gisèle Ory et Monika Maire-Hefti) sont toutes les deux devenues par la suite … Conseillères d’Etat! Mais Monika, rassure-moi, ce n’est pas un passage obligé !

Le canton de Neuchâtel a été un précurseur au niveau de l’émancipation de la femme : il est le 2e canton suisse à avoir accordé le droit de vote aux femmes en 1958, soit 13 ans avant que la Confédération ne le fasse. Quand on regarde les statistiques des sièges occupés par les femmes au Grand Conseil, on note une augmentation sensible jusqu’en 2001 (34 sièges sur 115). La proportion est restée identique en 2005. Mais depuis 2009, elle a diminué pour arriver à 26 sièges en 2013. C’est la première fois depuis 1993 que le nombre de députées est passé sous la barre des 30. Cette baisse est inquiétante et nous rappelle qu’en politique rien n’est jamais acquis. Il faut toujours rester sur le qui-vive et continuer de s’investir pour ses valeurs !

La politique et le politique n’ont pas toujours une bonne image auprès du public. C’est regrettable, d’autant plus que la politique est intimement liée aux citoyens. Étymologiquement, le mot politique vient du grec politikos, qui signifie « relatif aux citoyens ». Je me réjouis d’aller à la rencontre des citoyennes et citoyens de ce canton pendant cette année de présidence et m’efforcerai de leur faire prendre conscience que la politique n’est pas une affaire de quelques personnes fonctionnant en vase clos et déconnectées de la réalité. C’est la politique qui fixe les règles et façonne notre monde tel que nous souhaitons le vivre. Il vaut donc la peine de s’y intéresser, d’aller voter, d’aller élire et de prendre conscience de la chance que nous avons, en Suisse, d’avoir notre démocratie directe.

Quant à nous, élus par le peuple, nous devons nous souvenir de la responsabilité qui est la nôtre. Nos décisions doivent être prises POUR les citoyens, pour faire évoluer notre monde en nous souvenant que nous n’héritons pas la Terre de nos ancêtres, mais empruntons celle de nos enfants. Pour ce faire, et pour pouvoir rester sereins dans notre tâche, il est important de faire la différence entre notre travail politique, nos convictions, nos sensibilités et le fait que derrière tout cela il y a des personnes. Après nos joutes verbales, il est important de pouvoir mettre de côté nos différends politiques pour aller boire un verre, il est important de discuter ensemble, il est important d’échanger et de parler d’autres choses.

Je tiens à remercier très sincèrement la commune de Bevaix pour son accueil. Mes remerciements vont tout particulièrement à Nicolas Pfund, administrateur communal, qui a tout organisé avec un grand professionnalisme et avec le précieux concours de la présidente du Conseil communal, Florence Nater.

Merci aussi à :
– la secrétaire générale du Grand Conseil, Janelise Pug et à toute son équipe.
– Corinne Bulliard et Vanessa D’Onofrio de l’administration communale
– les services communaux sous la conduite de Laurent Cousin et Jean-Michel Stocco,
– Matteo Leggiadro pour la décoration
– les enfants qui ont chanté et les enseignants qui ont répété avec eux, Christian Camélique et Pascal Arrigo
– la Confrérie des vignerons de Bevaix qui a servi le vin à l’apéritif
– …et ceux que j’aurais oublié.

J’arrive au terme de mon discours. J’avais promis de ne pas être trop long. D’autant plus que quand mon fils a vu le programme de la cérémonie il m’a demandé d’un air légèrement angoissé « Maman, j’dois vraiment participer à tout ça ?? ». Il ne me reste donc plus qu’à vous remercier de votre présence et à vous souhaiter une très belle soirée !

Vive le canton de Neuchâtel, vive la commune de Bevaix !

Remerciements pour la soirée :

Soyez rassuré, je ne ferai pas long. Vous aurez vu à vos places les petits pots de miel que j ‘ai le plaisir de vous offrir. Le miel provient de nos abeilles. Par l’apiculture j’ai voulu contribuer de manière concrète à l’écologie. Je remercie Regula Gauchat et Serge Soulé mes co-apiculteurs ainsi que Didier mon mari de l’aide qu’ils ont fourni pour préparer les petits pots.

Merci aussi à Lionel Billard du Restaurant du Plan Jacot, qui a préparé l’apéritif ainsi que le repas et qui a respecté mes vœux particuliers de verte, à savoir d’utiliser uniquement des produits de la région ou suisses et si possible bio.

Un grand merci aussi à mon voisin et ami Bernard Stocco qui nous régalera avec son Risotto connu loin à la ronde.

A Yanac pour sa belle music et Carlos Henriquez maître de cérémonie.

Bon appétit, en Guete, have à nice meal !

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One réflexion on “Allocution à Bevaix, le 26 mai 2015

  1. Peter Langford

    Hello from Canada. I just read the speech you gave in Bevaix on May 26 of last year. It was very interesting and I congratulate you on your achievements. Your account of the hummingbird made me think of a similar story I heard years ago, which I will copy/paste below just in case you have not seen it already: It is called « The Starfish Story ».

    Once upon a time, there was a man who used to go to the ocean to do his writing. He had a habit of walking on the beach before he began his work.

    One day, as he was walking along the shore, he looked down the beach and saw a human figure moving like a dancer. He smiled to himself at the thought of someone who would dance to the day, and so, he walked faster to catch up.

    As he got closer, he noticed that the figure was that of a child, and that what he was doing was not dancing at all. The child was reaching down to the shore, picking up small objects, and throwing them into the ocean.

    He came closer still and called out “Good morning! May I ask what it is that you are doing?”

    The child paused, looked up, and replied “Throwing starfish into the ocean.”

    “I must ask, then, why are you throwing starfish into the ocean?” asked the somewhat startled man.

    To this, the child replied, “The sun is up and the tide is going out. If I don’t throw them in, they’ll die.”

    Upon hearing this, the man commented, “But, young man, do you not realize that there are miles and miles of beach and there are starfish all along every mile? You can’t possibly make a difference!”

    At this, the child bent down, picked up yet another starfish, and threw it into the ocean. As it met the water, he said, “I made a difference for that one.”

    I wish you all the best during your tenure as Présidente du Grand Conseil Neuchâtelois.
    Sincerely,

    Peter Langford

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