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Neuchâtel, discours du 1er mai 2019

Chères travailleuses, chers travailleurs,

Ce 1er mai est la fête des travailleuses ! Oui vous avez bien entendu j’ai utilisé ce mot uniquement au féminin : ce premier mai est consacré avant tout à l’égalité entre hommes et femmes. Je suis heureuse de pouvoir m’adresser aujourd’hui à vous en compagnie d’autre référentes, toutes des femmes.

2019 est l’année des femmes : le 14 juin prochain, les femmes se rassembleront dans tout le pays pour manifester pour leurs droits, car l’égalité entre les hommes et les femmes dans le monde du travail et plus globalement dans notre société est loin d’être atteinte !

Les travailleuses sont particulièrement touchées par les inégalités : le modèle économique actuel est toujours basé sur un mode de vie patriarcal: l’homme travaille à plein temps et la femme s’occupe des enfants, du ménage et travaille év à temps partiel. Il arrive aussi que les femmes renoncent à parfaire leur formation au profit de l’équilibre familial et de la pression sociétale. Par ce modèle, les femmes sont désavantagées puisque le travail domestique n’est ni valorisé ni rétribué. En cas de divorce, elles rencontrent des difficultés de réintégrer le marché du travail et sont souvent confrontées au chômage total ou partiel. Ce modèle économique désavantage aussi les femmes lorsqu’elles arrivent à l’âge de la retraite puisque leurs pensions sont nettement plus basses que celles des hommes. Bien que ce modèle patriarcal soit moins suivi aujourd’hui, la pression sociétale sur les femmes perdure. Cette dernière est vicieuse, car elle se traduit dans nos mœurs et nos coutumes. C’est pourquoi nous devons toutes et tous exiger des conditions de travail égalitaires entre les genres.

Les travailleuses et toutes les femmes ont constamment dû lutter pour leurs droits. La loi sur l’égalité n’a été adoptée qu’en 1996 alors que le principe figurait dans la Constitution fédérale depuis 1981 ! : Le congé maternité quant à lui n’a été obtenu qu’en 2005 !

Quant à l’égalité des salaires, on en est encore loin ! Selon les derniers chiffres de l’Office fédéral de la statistique, les femmes ont touché en 2016 presque 20 % (19,6%) de moins de salaire que les hommes, c’est moins bien qu’en 2014 (19,5%). En ce qui concerne la part inexpliquée de différence salariale, les chiffres sont encore plus alarmants : cette part a augmenté et atteint en 2016 42,9% alors qu’elle atteignait 39,1% en 2014 ! Ces chiffres montrent qu’il ne faut pas relâcher la pression et continuer notre lutte !

La modification de la loi sur l’égalité adoptée en décembre 2018 par le parlement fédéral est un parfait exemple de politique menée par une majorité patriarcale. Elle n’aura pour ainsi dire aucun impact: seules les entreprises de plus de 100 employé-e-s sont tenues de vérifier les salaires alors que les statistiques montrent que c’est dans les petites entreprises que les différences salariales non expliquées sont les plus marquées. De plus, si une entreprise ne respecte pas l’égalité salariale elle ne sera même pas sanctionnée ! à quoi bon instaurer une Loi si on peut impunément y contrevenir ?!

Le Grand Conseil traitera prochainement d’un rapport qui propose que la composition du parlement cantonal respecte parfaitement l’égalité, et soit constitué de 50 femmes et de 50 hommes. En travail de commission, ce projet a rencontré beaucoup d’opposition et cela même au sein de la gauche. Espérons que les députées se montreront progressistes et auront la clairvoyance de décider en faveur de l’égalité.

Chères travailleuses chers travailleurs vous l’aurez compris, le chemin pour l’égalité est encore loin, mais nous sommes nombreuses et nombreux à œuvrer constamment pour y arriver. Votre présence aujourd’hui en est la preuve ! Continuons de nous mobiliser tous ensemble pour nos droits. Je vous donne rendez-vous dans la rue le 14 juin !

Veronika Pantillon, le 1er mai 2019