Grand Conseil

Projet de loi portant modification de la loi sur les heures d’ouvertures des commerces (LHOCom) (17.107)

Ouverture d’un dimanche de plus (17.107)

Intervention pour le groupe PVS, le 27 mars 2018

Monsieur le président, chers collègues,

Ce projet de loi PLR est pour nous très malvenu. Il faut dire que la convention collective de travail qui a été mise sur pied dans le cadre du changement de loi qui a instauré des ouvertures prolongées des magasins notamment en soirée (passant de 18h30 à 19h00) vient d’être prolongée par les partenaires sociaux. Il serait donc néfaste que le Grand Conseil vienne troubler cette entente des différents acteurs de la vente par une proposition allant à l’encontre des intérêts des travailleurs. Nous relevons aussi qu’aucune compensation n’est prévue dans ce projet de loi, ce qui est contraire à ce qui se fait habituellement lorsqu’il y a des négocions entre partenaires sur les conditions de travail.

Les syndicats ont d’ailleurs déjà annoncé que si le GC donnait suite à la volonté des initiants, le référendum serait saisi.

L’argument invoqué par les initiants que des heures d’ouverture plus larges dans notre canton empêcheraient les consommateurs de faire leurs courses de l’autre côté de la frontière ne tient pas la route. C’est avant tout en raison des prix plus bas pratiqués en France que les Neuchâtelois font du tourisme d’achat.

Le projet de loi veut donner la possibilité aux commerçants d’ouvrir un dimanche de plus sans les y obliger… ceci avantage avant tout les grandes surfaces qui ont les moyens nécessaire pour le faire, et pénaliserait les petits commerces.

Nous sommes bien conscients que la loi fédérale permet le travail dominical qu’avec le consentement de l’employé et avec une majoration de salaire de 50%. Mais il faut être conscient que les employés peuvent subir des pressions et qu’il n’est pas toujours facile de refuser une demande plus ou moins insistante venant de son supérieur.

Vous l’aurez compris, notre groupe est de manière véhémente contre le projet de loi PLR et acceptera donc le rapport de la commission qui conclut à son rejet et vous invite à faire de même.

Veronika Pantillon

Merci de partager
Grand Conseil

Développement oral interpellation : Chasse Sangliers (18.128)

Titre :

Réguler ou éradiquer les populations de sangliers ?

Contenu :

Nous souhaitons avoir un éclaircissement pour les points suivants :

Nous estimons que le Conseil d’État cède trop facilement aux pressions des milieux agricoles en autorisant des tirs de sangliers dès le mois de mai jusqu’en août, moment où la période habituelle de la chasse reprend. Quelle est la position du Conseil d’État à ce sujet ?

– Afin d‘éviter des dommages aux cultures, ne pourrait-on pas avoir une attitude plus proactive, comme par exemple ne pas planter de maïs en lisière de forêt ou installer des clôtures électriques autour des plantations, plutôt que réactive, en autorisant des tirs supplémentaires ?

– Quels seront les coûts de ces tirs supplémentaires, sachant que les chasseurs n’ont pas l’air de vouloir y participer et
qu’ils devront être assumés par le service de la faune, des forêts et de la nature (SFFN) ?

– Des bruits courent que des paysans tireraient sans aucune autorisation et en toute impunité des sangliers. Le Conseil
d’État est-il au courant ? Quelles mesures compte-t-il prendre ?

Notre groupe est bien conscient que le sanglier cause d’importants dommages aux cultures et aux pâturages dans notre canton. Nous devons aussi constater que la population de cet animal a explosée depuis l’année passée et cela dans toute la Suisse.

Développement écrit :

Il est bien connu que le sanglier cause dans notre canton d’importants dommages aux cultures agricoles. Pour les prévenir, différentes mesures sont prévues et, en cas de dommages causés, les agriculteurs sont dédommagés.

La chasse au sanglier n’a encore jamais été aussi intense que pendant la saison 2017-2018 : la période pendant laquelle cet animal a été chassé a été étendue à 6 mois ( ! ). Elle a commencé le 20 août 2017 pour finir à fin février 2018. Plus de 400 bêtes ont été tirées. À titre de comparaison, les années précédentes environ 150 bêtes ont été tirées avec un maximum tournant autour de 250 bêtes.

Malgré cela, le Conseil d’État a l’intention d’autoriser le tir du sanglier (tirs d’affût en dehors des forêts) dès mai et jusqu’à fin août lorsque la période de chasse reprend…
Même les chasseurs désapprouvent cette manière de faire du Conseil d’État : ils estiment que la pression exercée sur cette bête est trop forte.

Développement oral :

Ce qui nous inquiète dans le cas présent, est que non seulement les associations anti-chasse mais les chasseurs eux-mêmes s’inquiètent de ces tirs supplémentaires ! Ces tirs seraient autorisés dès le mois de mai et jusqu’à l’ouverture de la chasse habituelle, fin août. Même si ces tirs ne constituent pas à proprement parler en une prolongation de la chasse, le sanglier sera quand-même mis sous pression pendant 10 mois sur 12 !

Nous nous interrogeons sur le bien-fondé de ces mesures. Ne constate-t-on pas que plus on met la pression sur le sanglier plus il se défend et plus les laies sont fertiles ? De plus, par ces tirs supplémentaires, on risque d’abattre les laies dominantes et ainsi les dommages que les hardes causent pourraient encore s’intensifier.

Nous relevons aussi que les dégâts causés par les sangliers sont plus importants dans les endroits qui ont été girobroyés. Il est donc utile de porter une attention particulière à cette problématique.

Un autre point que nous inquiète particulièrement : il nous a été rapporté que des paysans ne disposant ni de permis de port d’armes ni du permis de chasse tirent eux-mêmes des sangliers qui s’aventurent sur leurs terrains.

Nous remercions d’avance le Conseil d’État pour ses réponses.

Veronika Pantillon,

Voir aussi article du 25.04.18 sur le site Arcinfo

Merci de partager