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Allocution au Grand Conseil le 26 mai 2015

En Vidéo (texte complet ci-dessous) :

Monsieur le Président du Conseil d’Etat,
Madame la Vice-présidente du Conseil d’Etat et Messieurs les Conseillers d’Etat,
Mesdames et Messieurs les députés,
Mme la chancelière
Mesdames du Secrétariat du Grand Conseil,
Messieurs les huissiers,
Madame et monsieur à la Régie,
Mesdames et Messieurs les journalistes,
Liebi Familie au us de Oschtschwiz,
Dear friends from England,
Mesdames et Messieurs, chers invités,

Tout d’abord j’aimerais vous remercier de votre confiance. Vous me laissez accéder au perchoir, à la présidence de ce Grand Conseil. Il est vrai que dans notre République, les élections à ce poste se font de manière tacite en respectant le tournus et sans grand suspens. Il n’en est pas de même dans tous les cantons, un récent exemple au bout du lac Léman en est la preuve. La sérénité de ces élections reflète bien le consensus neuchâtelois. Depuis que j’ai le plaisir d’être membre de ce parlement, c’est-à-dire depuis exactement 10 ans, j’ai pu expérimenter ce consensus. J’apprécie cette manière de travailler et constate que depuis la nouvelle législature, les débats au sein de cette Assemblée étaient parfois vifs et tranchés, mais toujours empreints de respect, voire d’humour. Chez nous, pas de danger que les députés se lancent des verres d’eau à la figure, … les boissons étant interdites dans la salle. A mon avis, la personnalité du président / de la présidente est primordiale ; son humeur, sa disposition déteignent sur le parlement – imperceptiblement – et j’essaierai de faire de mon mieux. Mais je compte aussi sur votre indulgence, les erreurs étant certainement inévitables, surtout au début.

Me voici donc présidente du Grand Conseil neuchâtelois. Si une diseuse de bonne aventure m’avait prédit cela il y a 20 ans, je ne l’aurais jamais crue. Je ne l’aurais même pas cru qu’un jour je ferais de la politique. Mais je vous en dirai plus à ce sujet lors de la cérémonie de tout à l’heure à Bevaix… (et tant pis pour ceux qui n’y seront pas…).

Je tiens à remercier de tout cœur ma famille : mon mari Didier et mes deux enfants Sera et Sacha, qui ont dû s’accommoder de mes nombreuses absences dues à la politique. J’ai toujours pu compter sur leur soutien moral et les discussions animées autour de la table familiale m’ont toujours apporté –et m’apportent toujours – beaucoup.

I danke au mim Mami und mine Schwöschtere und Schwoger, dass si dä wichtig Tag mit mer fiiret und uf Noiäburg greist sind.

Lors de la prochaine année de législature auront lieu les élections fédérales et communales. Cela générera sans doute plus de propositions des députés – les candidats et partis souhaitant se profiler – et ainsi plus de travail pour notre parlement.

Les thèmes qui nous occuperons cette année sont nombreux et pas toujours prévisibles. Nous continuerons sans doute de parler beaucoup de politique sanitaire et de cohésion cantonale puisque ces deux thèmes sont intimement liés. Au sujet de la cohésion cantonale, la problématique ne date pas de hier. Déjà en 2010, les Verts avaient proposé la tenue d’états généraux de la cohésion cantonale. Le Conseil Etat a répondu à notre résolution par la création d’une commission consultative « cohésion cantonale ». Cette dernière a formulé 20 propositions concrètes dont la mise en pratique est suivie par la Commission de gestion. Au-delà des efforts que le politique peut faire dans cette problématique, il est primordial que les habitants de ce canton, et de toutes les régions du canton, prennent au sérieux cette problématique. Très souvent, je dois constater que les habitants du bas ne comprennent pas le sentiment de malaise d’habitants d’autres régions du canton, notamment des montagnes et des vallées. Interrogez un Bevaisan sur la cohésion cantonale et il vous répondra probablement qu’il n’y a aucun problème, interrogez une personne de La Chaux-de-Fonds et sa réponse sera bien différente : elle fera part de son sentiment que les régions périphériques du canton sont délaissées. Et à mon avis, c’est à ce niveau précisément, dans la différence de perception, que se situe la base du problème. J’espère donc que dans une année, lorsqu‘il sera temps de faire le bilan, on aura fait un pas dans la bonne direction, ne serait-ce qu’un petit pas.

Un autre thème qui nous occupera ces prochains temps, c’est sans doute les finances. L’administration de notre canton est toujours présentée comme pharaonique, inefficace et coûtant beaucoup trop cher. Pourtant, à regarder les comptes de ces 4 dernières années, on constate qu’ils ont été positifs à trois reprises. L’assainissement des finances de 164 millions que la motion déposé par les députés de la droite exige, suscitera des discussions animées et c’est un euphémisme ! Il sera difficile de trouver des majorités qualifiées pour les mesures d’économie et encore plus difficile pour trouver de nouvelles ressources.

Nous aurons aussi l’occasion de nous prononcer sur un nouvel hôtel judiciaire, le NHOJ, à construire à La Chaux-de-Fonds et autre gros dossier : la réforme des institutions qui prévoit une circonscription unique et une baisse du nombre des députés.

Quant à nous, élus par le peuple, nous devons nous souvenir de la responsabilité qui est la nôtre. Nos décisions doivent être prises POUR les citoyens, pour faire évoluer notre monde en nous souvenant que nous n’héritons pas la Terre de nos ancêtres, mais empruntons celle de nos enfants.

J’en viens maintenant à notre fonctionnement interne. Lorsqu’en avril dernier la délégation Urannaise du Grand Conseil nous a rendu visite pendant les débats, nos hôtes ont été impressionnés par notre beau Château, mais ils ont aussi été interloqués par le fait que les députés déambulaient pendant les séances. A Altdorf, les 65 députés restent bien sagement assis pendant les débats et profitent de la pause pour boire un verre, aller au petit coin, échanger avec d’autres députés, etc. Ach ces suisses-allemands, kelle tiscipline !

Cependant, depuis que notre parlement est sans papier, il faut relever une amélioration en séance : les bruits de fond pendant les débats sont moins insistants. Faut-il en déduire que les députés ont trouvé d’autres occupations moins bruyantes grâce à leurs ordinateurs et autres tablettes ?

Pouvoir commencer à l’heure après la pause avec la salle pleine est un défi pour chaque président ou présidente. Je me suis amusée à faire un petit calcul de ce que cela coûte en jetons de présence que de dépasser la pause de 10 minutes un mercredi matin : cela correspond environ à 1100.-. Voilà peut-être un argument qui convaincra les députés attachés aux économies d’être à l’heure

J’en viens maintenant à notre ex-président : cher Eric, cher désormais ancien président : Tu as mené les débats avec compétence, calme, humour et rigueur. Tu as fait un sans-faute. Lors de ton année de présidence tu t’es littéralement épanoui (et je ne suis pas la seule à avoir fait cette constatation). Tu as pris un réel plaisir à ta fonction. Tout au long de cette année, tu as pu laisser libre cours à ta fibre humaniste et tu as su mettre à profit ta facilité à nouer le contact avec les gens d’ici et d’ailleurs.

Tu n’aimais pas faire usage de la clochette, ni de la sonnette en fin de pause … même lorsqu’il n’y avait que 28 députés dans la salle !

Tu n’aimais pas non plus couper la parole … même lorsqu’une jeune député, quelque peu bavard, s’éloignait du sujet.

Tu es comme ça, Eric, généreux et bienveillant, sans pour autant perdre en efficacité, bravo à toi !

Pendant cette année, tu m’as coachée comme un grand frère, tu m’as donné des trucs et des astuces pour cette année de présidence. Quand je dis comme un grand frère, c’est vrai, mais pas si grand que cela puisque tu n’es mon aîné que pour trois petit mois.

Maintenant il est temps pour toi de rentrer dans le rang. Tu vas pouvoir retrouver une vie plus calme, passer plus de temps en famille, aller au théâtre et profiter des week-ends (tu sais, le samedi et le dimanche, quand on peut se reposer).

Revenons à des choses plus sérieuses : Maintenant j’ai l’honneur et le privilège, Monsieur le président, cher Eric de te remettre au nom du Grand Conseil et du peuple neuchâtelois la médaille du mérite décernée par la République et Canton de Neuchâtel. Cette médaille t’est décernée en signe de reconnaissance et de dévouement au service de ses institutions.

A titre personnel, cher Eric, j’aimerais te remettre ce cadeau. Il s’agit d’une adhésion pour cette année à HabitatDurable, une association de propriétaires immobiliers sensibles aux enjeux climatiques et sociaux et pour laquelle j’ai la chance de travailler depuis maintenant 5 ans.

Nous sommes arrivés au terme de notre séance et je vous donne rendez-vous dans mon village – à Bevaix – pour fêter ensemble cette journée. Un service de bus est prévu avec un départ à 16.30 devant la banque cantonale à la place Pury. Je me réjouis de vous retrouver vers la grande salle de Bevaix dès 17h.

Merci de partager

One réflexion on “Allocution au Grand Conseil le 26 mai 2015

  1. Marielle Laface

    Chère Veronika,

    Quelle belle idée que ce blog! Merci de nous faire partager cette année de présidence au travers d’événements aussi passionants qu’éclectiques. Je ne te souhaite pas une année reposante…, mais très enrichissante!

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